VANESSA GILLES

Photographe

"L'acte photographique nous interroge en permanence, et il exige de nous une responsabilité en tant qu'individu.
De l'introspection à la rencontre vers l'autre l'espace est infime,  cette exploration fait sens de ce que nous sommes et voulons partager." VG

Vanessa Gilles est née en 1971 à Nîmes. Lorsqu’elle découvre la photographie, elle choisit l'univers de l'expression du corps et du mouvement. Ce n'est pas la performance qui l’intéresse mais le langage au service de l’émotion.


Après plusieurs stages avec les Rencontres d’Arles, elle décide, en 2015, de se consacrer à la photographie. Elle intègre ainsi la formation continue de l’École Nationale Supérieure de la Photographie (ENSP) à Arles et expose pendant le Off des Rencontres une première série sur le thème de la résilience, qu’elle intitule « Sans illusion ».


En 2016, elle poursuit « 24 The Workshop International photography masterclass» avec lequel elle réalise Dosta « Paroles et mémoires de femmes tsiganes ».  Voir plus bas


Elle présente en 2017 un film photographique où elle nous livre le témoignage poignant de Marie à la voix égorgée par les barbelés.

2018, Musée de la Camargue avec l'exposition collective "Maries, Mères et Marais"
2017, Anne Clergue Galerie “Dosta”

Vanessa Gilles Photographe
 

"Dosta", Plus jamais en langue tsiganne.

Lauréate du prix Nouvelles écritures 2019, Vanessa Gilles révèle les douleurs d'un peuple discriminé, dans "Dosta": film bouleversant, d'autant qu'il transmet une double émotion, documentaire et artistique, sur un sujet si noir. 

Projet réalisé en 2016, film photographique de 26 minutes.
DOSTA « Paroles et mémoires de femmes tsiganes »
©2017

Dosta signifie Basta.
C'est avant tout une histoire de rencontres, de partages avec des femmes Indo-Europeennes venues de toutes parts: Manouches, Gitanes, Roms,... toutes ces femmes tsiganes ont en commun la discrimination et l’exclusion.
En septembre 2015, je me rends au quai de la Gabelle à Arles, dans des aires d’accueil pour les voyageurs dans le sud de la France.
Je ne savais pas vraiment ce que je cherchais.
Des journées d’hiver passées ensemble, nous nous sommes découvertes l'une l'autre avec tendresse.
Certaines m'ont confié leurs silences.
Une note majeure domine: leur dignité.
Au mois de mai, pendant le pèlerinage des Gitans aux Saintes Maries de la Mer, je rencontre par hasard, parmi 15 000 personnes, Esméralda Romanez*, femme manouche âgée de 69 ans.
Cette grande âme au cœur vaillant combat les injustices faites aux démunis depuis plus de trente ans.
En aout 2016, lors d’une journée passée chez elle, à faire du monde une poésie, elle décida spontanément de me confier une magnifique mémoire ...le témoignage de sa tante Marie, internée dans différents camps de concentration en France pendant la deuxième guerre mondiale. Ce témoignage saisissant et bouleversant raconte comment elle n’a même plus de larmes pour pleurer la mort de ses enfants. C'est une mémoire pour la jeunesse tsigane, un message universel pour l’humanité contre la barbarie. Un message de Paix, de dignité, un cri d’amour pour nous rappeler que seul le moment présent existe.

*Esméralda Romanez est Présidente de la Fédération Européenne des femmes Romani et voyageuses, Présidente également de l’AMIDT Association pour la Mémoire de l’Internement et de la Déportation Tsigane